Wéry Catherine

à propos du recueil Petites coupures

J’aime pas les nouvelles… Il m’est arrivé une histoire de fou ! Depuis de lustres : le lundi soir, je lis. Le mardi soir, je lis. Le mercredi soir, je vous passe la suite car je risque de finir par écrire un roman… et je n’aime que les lire. Eh oui, je suis une fanatique du genre, exclusive dans mes amours. Embrigadée, victime plus que consentante, dans une bande de lectrices frénétiques, boulimiques et tout aussi fanatiques que moi, me voici atterrie à une foire du LIVRE. Jusque-là, vous me direz, tout est logique. Je vous le concède. C’est pourtant à ce moment que tout a dérapé. La machine s’est enrayée. Je suis immergée, submergée par des milliers de livres. Je suis perdue, moi qui apprécie tant le tête à tête solitaire avec l’ouvrage quand je lis et, que l’extérieur disparait peu à peu comme quand la brume se lève. Que faire ? Fuir ? Pas possible, je covoiture. Mes petits neurones tentent de trouver une solution rationnelle pour me sortir de cette sidération. Ma planche de salut sera de trouver un fil d’Ariane, ou de Catherine (oui, pour ne rien vous cacher : c’est mon prénom) qui me permettra, telle une bouée improvisée, de surnager. J’en reviens donc à mes premières amours le dessin, la peinture et le graphisme. J’ajuste dès lors mes lunettes qui ne me quittent, comme les romans que quand le sommeil revendique sa place avec trop d’insistance, en mode « IMAGE». Je me mets en route. Au gré de mes pérégrinations, je commence par acheter un recueil de poésies. Cherchez l’erreur ! Là toutefois j’ai une excuse, il y avait des photos à chaque page. Ensuite, me voilà happée par un stand où tout semble me parler : la cohérence graphique, les couleurs, les formats et quelques quatrièmes de couverture alléchants. Je me pourlèche déjà les babines… Une charmante personne s’avance vers moi et, horreur, me dit « ce sont tous des recueils de nouvelles » Horrifiée, oui c’est redondant, je m’entends lui assener sans ménagement aucun « j’aime pas les nouvelles » ! Super elle reste zen, moi j’aurais certainement paru vexée. Un reste de bonne éducation et sans doute un soupçon de culpabilité me titillent ; « Et je fais quoi, moi, maintenant ? » Je me surprends à reprendre en main un des ouvrages que j’avais reposé comme s’il me brûlait les doigts. Je le tâte, je l’observe : il a tout de même l’air inoffensif. Et je sors mes « petits coupures ». Un peu pour me racheter auprès de cette aimable personne, j’en prends deux. Au diable l’avarice ! Sur le chemin du retour, je ne peux m’empêcher de me morigéner me tançant pour ces dépenses inconsidérées et sans doute inutiles (encore un reste d’une éducation où le livret d’épargne régnait en maître). De plus, je n’ai pas de romans dans mon escarcelle ! Zut je risque d’être en manque. Le soir fidèle à moi-même, je lis un roman que j’avais honteusement délaissé. Le lendemain, je me décide à autopsier mes achats. Je les extrais de mon sac, je les regarde, je les palpe et finis par en ouvrir un. Après tout c’est un texte. Il n’y a pas péril en la demeure. Le naturel reprend le dessus et je me mets à lire pensant abandonner très vite. Le calme régnait dans la maison, les tourbillons familiaux – et parfois trublions- avaient regagné leurs lieux de vie et la soirée s’annonçait d’autant plus tôt que le ciel était gris et terne. Enfoncée dans mon fauteuil au coin du feu, je me mets à lire. Je sais, c’est cliché. Est-ce la raison, ou du moins la seule? Je lis et, bizarre je continue, comme par magie : CELA ME PLAIT. Des souvenirs d’enfance remontent à la surface, le comble, je me surprends à avoir envie de faire écho à ces lectures. Pourrais-je mettre en scènes, moi-même ces instants de la vie quotidienne remplis d’anecdotes ? Pourrais-je aimer les nouvelles au point d’avoir envie de m’y essayer ? Est-ce grave docteur ? Que faire contre ce virus sui semble surgir de nulle part et vouloir m’agresser? Des idées trottent, trottent dans ma tête. J’écris des titres… C’est déjà ça, pour la suite on verra. Je vous laisse, je vais terminer mes lectures de … NOUVELLES. Je le promets, je vous raconterai ! Un merci tout particulier à Dominique Costermans qui a éveillé en moi toute une série de potentiels titres sur l’argent, l’école et autres thèmes, je crois que je vais tenter l’expérience ! Blaugies, 19 novembre 2019 Catherine Wéry

Valérie Preud'homme

à propos du recueil La journée mondiale de la gentillesse

La journée mondiale de la gentillesse : les deux premières nouvelles de ce recueil de Jacqueline Daussain m'ont plongée, que dis-je, propulsée dans ce dernier de façon magistrale. C'est super jouissif! J'ai adoré (mon compagnon aussi!). Le ton surtout. Et les gens si vivants, si proches. Ce ne sont plus des personnages. Ils sont nous, nous sommes eux et leur droit d'exister est comme une revanche sur la vie. Cette vie-ci où performance, ambition, perfection, bonne santé, humeur égale, caractère lissé, corps décemment porté sont de mise. Ce recueil me laisse comme une envie jouissive (je le répète est c'est bien agréable) de porter mes imperfections comme un étendard, avec malice et fierté. Un tout grand merci à l'auteure pour ces bons moments de lecture.

Jacinthe Mazzocchetti

à propos du recueil Détecteur de mes songes

Dans son dernier livre, Kenan Gorgün, renoue avec le style des nouvelles. L’ouvrage « Détecteur de mes songes » (Quadrature, 2016) est tenu par le fil du rêve, du peut-être, du miroir, des « demain » qui ne chantent guère. Le recueil est bouleversant, porté par des textes de légères anticipations. Le trouble naît d’une description fine de la société contemporaine, ses futilités et ses violences, entremêlée de soupçons de futur. Tous les textes comportent de manière plus ou moins explicite un petit quelque chose qui dérange, qui fait rire (d’un rire amer), qui touche… Un petit quelque chose, infime malaise, qui poursuit une fois le livre refermé. L’écriture y est tranchante, forte, engagée. Les morceaux de vie entrevus et les situations racontées disséminent subtilement des messages à penser et à crier le monde. La beauté de l’écriture, la justesse des mots et la densité des histoires donnent à réfléchir et interpellent, sans que l’auteur ne vienne en rien donner des leçons, dire, expliquer, faire la morale, juger. Chaque nouvelle est comme une brèche qui s’entrouvre, une possibilité offerte de voir plus loin. Rythmé en quatre parties de trois nouvelles, le recueil s’équilibre de la force à la fois créatrice et destructrice des éléments : Air, Terre, Feu, Eau. L’essentiel de ce qu’est la vie aussi. AIR. Le recueil commence dans le singulier et la vulnérabilité de l’être. Existons-nous vraiment quand il est si simple de disparaitre ? Une plongée tout d’abord dans l’intériorité de personnages et de leurs quêtes d’existence et puis, vient la TERRE. Les pieds sur TERRE… Le texte « Toute mémoire abolie » nous transporte au plus profond de ce qu’est l’humain, sa fragilité, sa complexité au cœur de violences dont il est partie prenante et qui pourtant le dépassent. Le texte « Body Shop », entre violences politiques, histoire et post-humanisme, investigue la marchandisation des corps poussée à son paroxysme. Notre enveloppe charnelle participe-t-elle de ce que nous sommes ? Corps, âmes, unicité de l’être : qui nous façonne ?   Le FEU. Cette partie m’a littéralement fait brûler d’angoisses existentielles et de plaisirs littéraires ! 2016 ou 2054, le futur se raconte au présent, tant les gouffres de notre époque sont béants. Méfiez-vous du Père Noël, résistant en bottes rouges face à un monde de plates obéissances et des utopies mortes ; protégés que nous sommes derrière les œillères posées sur les fenêtres du quotidien. Effritement insupportable. Et l’EAU enfin, qui nous ramène davantage et progressivement au trouble, au double de nous-même. Aux passions, entre espoir et folie. Jacinthe Mazzocchetti Novembre 2016

Détecteur de mes songes, par Kenan Görgün | Les chroniques de Goliath

Le premier recueil de Quadrature pour la saison 2016-2017 est une aventure bien surprenante ! Son auteur, Kenan Görgün, belgo-turc, déroute son lecteur. En effet, il n’est pas rare que des binationaux issus de l’immigration prennent la plume pour tenter de déchiffrer les conflits inhérents au choc des cultures, la difficulté de certains à trouver un juste équilibre en Europe : Kenan Görgün réfléchit dans son recueil à la vraie place de l’homme dans la société. Dans un livre qu’il a publié en 2014 (Anatolia Rhapsody aux éditions Vents d’ailleurs) il parlait de son ressentit de descendant de parents trucs, de la place que chacun doit trouver, de cet équilibre précaire généré par le fait de devoir quitter son pays, de parvenir à se reconstruire des racines en terrain occupé. Les nouvelles de ce recueil recentrent la réflexion sur les vrais besoins de l’homme, le poussant à mettre un peu de côté ses aspirations souvent proches du rêve. Chaque nouvelle est une manière de voir, entre le rêve et la réalité, ce qui est indispensable dans la vie. L’auteur fait de distinguo entre ce que l’on croit être et ce qui est. Il nous offre des nouvelles issues d’une belle réflexion accompagnée de musique Rock. Certes, on sent bien une dualité culturelle chez l’auteur, mais une coexistence relativement bien maîtrisée et pacifique de cet entre-deux monde. Aujourd’hui, les gens cherchent désespérément une reconnaissance, une place, leur place dans une époque en continuelle effervescence. D’un autre côté, les gens issus de l’immigration n’ont pas d’autre but. La réflexion de Kenan Görgün sur la place de l’homme en tant qu’humain concerne donc tout le monde. C’est un travail sur soi que seuls ceux qui ont manqué de peu de perdre la vie font facilement. Ce recueil pousse le lecteur à travailler un peu son ego, car c’est lui qui nous entraîne généralement à chercher le toujours plus, aussi utopique soit-il. Le sujet semble d’actualité, car c’est le second livre sur le sujet de la place de l’homme et de l’ego que je reçois pour cette rentrée littéraire 2016.

Où faire publier mes nouvelles ? | Ateliers d'écriture Alice et les mots

Quels sont les éditeurs qui publient des nouvelles ? Question récurrente entendue au cours d’ateliers aussi bien que lors de soirées-lectures consacrées à ce genre mal-aimé des éditeurs français. Alors, c’est sans espoir docteur ? Rassurez-vous : il y a des éditeurs qui publient des nouvelles. Sans préjuger de l’évolution des mentalités depuis l’accession au Nobel d’une auteure de nouvelles*, l’édition française connaît quelques maisons dont l’audace et le talent se mettent au service de la forme brève. A vous, auteur, de ne pas vous tromper d’adresse : avant que d’envoyer vos textes, prière d’aller voir de près les catalogues desdits éditeurs. Mieux encore, de lire leurs livres pour bien vérifier que ce que vous envoyez correspond à ce qu’ils recherchent : si tous ont un ton, une ligne, certains sont plus expérimentaux que d’autres. En un mot : allez-y voir de plus près, vous gagnerez du temps. Pour vous y aider...

Lilian Devigne

à propos du recueil Toute humanité mise à part

Je comprends pourquoi ce recueil a été publié ! Il est vraiment excellent. De la cruauté mais beaucoup de tendresse aussi... Lilian

Bernadette Alloin

à propos du recueil Mola mola

Merci de bien vouloir transmettre à Agnès Dumont mes plus vives félicitations. J'ai ADORÉ son recueil de nouvelles Mola Mola. J'ai aimé la justesse des situations et de ses personnages qui m'ont beaucoup touchée. Bien à vous Bernadette Alloin

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