I went to the market, mon p’tit panier sous mon bras

le 12 décembre 2016 - Edith Soonckindt

à propos de Quadrature

L’avantage des petites foires du livre, c’est que l’on y découvre avec plaisir de petits éditeurs parfois très pointus. Car petits par la taille, mais certainement pas par les talents qu’ils publient et qui changent très agréablement des best-sellers et autres têtes de gondoles que l’on trouve chez les plus grands éditeurs davantage amateurs (pas […]

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L'article

L’avantage des petites foires du livre, c’est que l’on y découvre avec plaisir de petits éditeurs parfois très pointus. Car petits par la taille, mais certainement pas par les talents qu’ils publient et qui changent très agréablement des best-sellers et autres têtes de gondoles que l’on trouve chez les plus grands éditeurs davantage amateurs (pas tous bienheureusement) de commercial et de grand public !

En ce sens, la foire de Mon’s livre, avant tout consacrée à la BD et à la fantasy, ne dérogeait pas à la règle et m’a offert des découvertes de qualité.

Premier tour de piste chez Quadrature, dont j’avais déjà interviewé un auteur (Dominique Costermans pour son délicieux Petites coupures et bien d’autres productions) et dont je connaissais les biens belles couvertures ainsi que quelques titres accrocheurs qui m’amusaient (Les blondes à forte poitrine ou Les hommes à lunettes n’aiment pas se battre…). Leur mot d’ordre, que l’on découvre en quatrième, est courageux en ces temps éditorialement difficiles, encore plus pour les recueils de nouvelles (qu’Albin Michel a cessé de publier, par exemple, trop peu rentable certainement) : « L’objectif des éditions Quadrature est à la fois modeste et ambitieux : se dédier complètement à la nouvelle de langue française. »

J’ai donc découvert chez eux Petites méchancetés sans conséquence (Marc Menu), un mini recueil délicieux parce que cruel (parfois) et cruel parce que délicieux (parfois), fait de mini nouvelles (quelques paragraphes tout au plus) qui en disent pourtant long… Personnages attachants pour des situations qui le sont tout autant, ou alors cocasses, ou bien inattendues. En quelques traits un paysage, un homme, une femme, un enfant, un animal sont campés et un nouvel univers s’offre à nous.

Un de leurs tous derniers opus, Je regarde passer les chauves (Sandrine Senes), est dans une même veine de micro portraits, cette fois axés autour de tous ces inconnus que l’on croise dans le métro, vus par le prisme déformant d’une attachante névrosée qui aime bien les chauves mais se laisse séduire, ou emporter, par toutes sortes de personnages dont elle observe les tics, lis les imaginations ou encore crois deviner les intentions, au risque de se tromper, souvent, ou de se perdre dans un imaginaire débridé, le sien. Vous ne prendrez plus le métro de la même manière après l’avoir lu, ça je peux vous l’assurer !