Jacinthe Mazzocchetti

à propos du recueil Détecteur de mes songes

Dans son dernier livre, Kenan Gorgün, renoue avec le style des nouvelles. L’ouvrage « Détecteur de mes songes » (Quadrature, 2016) est tenu par le fil du rêve, du peut-être, du miroir, des « demain » qui ne chantent guère. Le recueil est bouleversant, porté par des textes de légères anticipations. Le trouble naît d’une description fine de la société contemporaine, ses futilités et ses violences, entremêlée de soupçons de futur. Tous les textes comportent de manière plus ou moins explicite un petit quelque chose qui dérange, qui fait rire (d’un rire amer), qui touche… Un petit quelque chose, infime malaise, qui poursuit une fois le livre refermé. L’écriture y est tranchante, forte, engagée. Les morceaux de vie entrevus et les situations racontées disséminent subtilement des messages à penser et à crier le monde. La beauté de l’écriture, la justesse des mots et la densité des histoires donnent à réfléchir et interpellent, sans que l’auteur ne vienne en rien donner des leçons, dire, expliquer, faire la morale, juger. Chaque nouvelle est comme une brèche qui s’entrouvre, une possibilité offerte de voir plus loin. Rythmé en quatre parties de trois nouvelles, le recueil s’équilibre de la force à la fois créatrice et destructrice des éléments : Air, Terre, Feu, Eau. L’essentiel de ce qu’est la vie aussi. AIR. Le recueil commence dans le singulier et la vulnérabilité de l’être. Existons-nous vraiment quand il est si simple de disparaitre ? Une plongée tout d’abord dans l’intériorité de personnages et de leurs quêtes d’existence et puis, vient la TERRE. Les pieds sur TERRE… Le texte « Toute mémoire abolie » nous transporte au plus profond de ce qu’est l’humain, sa fragilité, sa complexité au cœur de violences dont il est partie prenante et qui pourtant le dépassent. Le texte « Body Shop », entre violences politiques, histoire et post-humanisme, investigue la marchandisation des corps poussée à son paroxysme. Notre enveloppe charnelle participe-t-elle de ce que nous sommes ? Corps, âmes, unicité de l’être : qui nous façonne ?   Le FEU. Cette partie m’a littéralement fait brûler d’angoisses existentielles et de plaisirs littéraires ! 2016 ou 2054, le futur se raconte au présent, tant les gouffres de notre époque sont béants. Méfiez-vous du Père Noël, résistant en bottes rouges face à un monde de plates obéissances et des utopies mortes ; protégés que nous sommes derrière les œillères posées sur les fenêtres du quotidien. Effritement insupportable. Et l’EAU enfin, qui nous ramène davantage et progressivement au trouble, au double de nous-même. Aux passions, entre espoir et folie. Jacinthe Mazzocchetti Novembre 2016

Détecteur de mes songes, par Kenan Görgün | Les chroniques de Goliath

Le premier recueil de Quadrature pour la saison 2016-2017 est une aventure bien surprenante ! Son auteur, Kenan Görgün, belgo-turc, déroute son lecteur. En effet, il n’est pas rare que des binationaux issus de l’immigration prennent la plume pour tenter de déchiffrer les conflits inhérents au choc des cultures, la difficulté de certains à trouver un juste équilibre en Europe : Kenan Görgün réfléchit dans son recueil à la vraie place de l’homme dans la société. Dans un livre qu’il a publié en 2014 (Anatolia Rhapsody aux éditions Vents d’ailleurs) il parlait de son ressentit de descendant de parents trucs, de la place que chacun doit trouver, de cet équilibre précaire généré par le fait de devoir quitter son pays, de parvenir à se reconstruire des racines en terrain occupé. Les nouvelles de ce recueil recentrent la réflexion sur les vrais besoins de l’homme, le poussant à mettre un peu de côté ses aspirations souvent proches du rêve. Chaque nouvelle est une manière de voir, entre le rêve et la réalité, ce qui est indispensable dans la vie. L’auteur fait de distinguo entre ce que l’on croit être et ce qui est. Il nous offre des nouvelles issues d’une belle réflexion accompagnée de musique Rock. Certes, on sent bien une dualité culturelle chez l’auteur, mais une coexistence relativement bien maîtrisée et pacifique de cet entre-deux monde. Aujourd’hui, les gens cherchent désespérément une reconnaissance, une place, leur place dans une époque en continuelle effervescence. D’un autre côté, les gens issus de l’immigration n’ont pas d’autre but. La réflexion de Kenan Görgün sur la place de l’homme en tant qu’humain concerne donc tout le monde. C’est un travail sur soi que seuls ceux qui ont manqué de peu de perdre la vie font facilement. Ce recueil pousse le lecteur à travailler un peu son ego, car c’est lui qui nous entraîne généralement à chercher le toujours plus, aussi utopique soit-il. Le sujet semble d’actualité, car c’est le second livre sur le sujet de la place de l’homme et de l’ego que je reçois pour cette rentrée littéraire 2016.

Où faire publier mes nouvelles ? | Ateliers d'écriture Alice et les mots

Quels sont les éditeurs qui publient des nouvelles ? Question récurrente entendue au cours d’ateliers aussi bien que lors de soirées-lectures consacrées à ce genre mal-aimé des éditeurs français. Alors, c’est sans espoir docteur ? Rassurez-vous : il y a des éditeurs qui publient des nouvelles. Sans préjuger de l’évolution des mentalités depuis l’accession au Nobel d’une auteure de nouvelles*, l’édition française connaît quelques maisons dont l’audace et le talent se mettent au service de la forme brève. A vous, auteur, de ne pas vous tromper d’adresse : avant que d’envoyer vos textes, prière d’aller voir de près les catalogues desdits éditeurs. Mieux encore, de lire leurs livres pour bien vérifier que ce que vous envoyez correspond à ce qu’ils recherchent : si tous ont un ton, une ligne, certains sont plus expérimentaux que d’autres. En un mot : allez-y voir de plus près, vous gagnerez du temps. Pour vous y aider...

Lilian Devigne

à propos du recueil Toute humanité mise à part

Je comprends pourquoi ce recueil a été publié ! Il est vraiment excellent. De la cruauté mais beaucoup de tendresse aussi... Lilian

Bernadette Alloin

à propos du recueil Mola mola

Merci de bien vouloir transmettre à Agnès Dumont mes plus vives félicitations. J'ai ADORÉ son recueil de nouvelles Mola Mola. J'ai aimé la justesse des situations et de ses personnages qui m'ont beaucoup touchée. Bien à vous Bernadette Alloin

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